4 mai 2018

La production de champignons

Identifier un champignon dans la nature est une chose et le cultiver, une toute autre. La fin de semaine du jour de la Terre 2018, je suis allée vivre une formation intensive sur la culture des champignons. À un moment, j’ai eu l’impression d’apprendre un nouveau langage… celui des champignons. Comme toute nouvelle langue, j’ai eu l’impression de partir de loin. Et… peu à peu, c’est devenu compréhensible. Cette formation de Violon et champignon avec Vincent Leblanc peut même devenir la base d’une culture commerciale. D’ailleurs plusieurs personnes y participaient dans ce but.

Le champignon est le fruit du mycélium : il nait lorsque le mycélium a besoin de se reproduire. Dans la forêt le mycélium se trouve dans la terre ou dans les arbres. En culture, il peut être mis dans des buches, des sacs, des pots ou en terre. Pour qu’il y ait naissance de champignons, le mycélium doit être nourri et être en présence d’une humidité relative de 70 à 90%. La chaleur aussi est importante, plus ou moins grande selon les espèces.

Pour la culture des champignons, les plus grandes précautions sont reliées à la prévention des ravageurs : moisissures, acariens, mouches… Lorsque nous voulons reproduire le mycélium, un milieu asceptisé s’impose afin qu’aucun ravageur ne puisse s’installer et croître à la place du mycélium, ce qui produirait moins de champignons.

Dans ce cours avec Vincent, le samedi fût intensément théorique avec une partie pratique en extra, à la fin de la journée. Pour qui souhaitait prolonger, nous avons contribué aux préparatifs de la journée pratique du lendemain, soit la stérilisation des différents substrats. Ceux-ci sont la nourriture du mycélium : paille, copeaux de bois, carton, granule de bois, compost…

VincentLe dimanche, nous avons mis en pratique la langue nouvellement apprise. Nous avons inoculé différents substrats de deux variétés de mycélium : la pleurote huître et le strophaire. Chaque participant.e. est reparti.e avec ce potentiel de champignons à naître.

Pour ma part, j’ai acheté du mycélium de Reishi (Ganoderma lucidum), une variété asiatique très reconnue pour ses propriétés médicinales. Au Québec, nous avons aussi un reishi, le Ganoderma tsugae qui pousse naturellement sur la pruche. Si je réussis à cultiver le Ganoderma lucidum et/ou si je récolte sur notre terre, le Ganoderma tsugae, je vous promets que j’en ferai un sirop unique pour nourrir le système immunitaire.

Personnellement, je trouve que la culture des champignons est un peu comme l’art culinaire. Avec un peu de connaissance, les bons outils, un minimum d’hygiène et un peu de jujotte, je pense qu’il est possible d’arriver à d’excellents résultats, d’excellents repas… accompagnés de succulents champignons! L’avenir nous dira si j’ai raison d’écrire que ce n’est pas si sorcier que ça!

Josée Richard

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